Ombre et Lumière
Après « Chostakovitch », « Années suisses » et « L’hexagone », la 7e édition du Festival CULLY CLASSIQUE, qui se déroulera du 21 au 27 juin prochains dans la petite bourgade idyllique de Cully, part à l’exploration des contrastes où se conjuguent l’ombre et la lumière.
Lorsqu’on parle de musique, on convoque fréquemment un vocabulaire qui tourne autour de l’idée de lumière. On dit que tel passage est « sombre », « noir », ou au contraire « lumineux », « clair », « éclatant ». Au-delà des mots, que désignent ces métaphores, et comment la musique entretient-elle ce lien subtil avec la lumière, aussi difficile à décrire qu’évident à entendre ? En cinq soirées, agrémentées de rencontres avec les artistes et de conférences, la 7e édition de CULLY CLASSIQUE suivra ce fil rouge pour convier ses auditeurs à un dialogue entre les chefs d’œuvre du passé et la création contemporaine. A l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Robert Schumann, le Festival mettra également sa musique à l’honneur. Ce compositeur, dont la musique véhicule tantôt un caractère intimiste et tendre, tantôt fougueux et énergique, complètera particulièrement bien la thématique de cette 7e édition.
Ainsi, les Quintette et Quatuor avec piano de Schumann seront mis en regard avec le Trio à cordes et le Quatuor « Traces » de William Blank, en présence de l’artiste et avec la complicité de Gérard Wyss au piano. Cette soirée phare du Festival permettra également de faire découvrir le travail accompli par Gérard Wyss et William Blank dans le cadre du projet « VIS-A-VIS ». Avec Schumann, Schubert est peut-être le compositeur qui a su le mieux chanter ces états d’âme doux-amers où les extrêmes se rejoignent dans un indéfinissable sentiment de nostalgie… Le jeune pianiste genevois Fabrizio Chiovetta ainsi que les barytons Richard Jackson et Samuel Evans (Angleterre) nous emmèneront dans l’univers du lied allemand, lors d’une soirée consacrée à une Winterreise à deux voix. Un projet inédit qui mettra en lumière la duplicité d’un voyage intérieur autant qu’extérieur.
« Le feu, les flammes cosmiques étaient des vibrations, semblables à celles des sons et des couleurs, destinées à se rencontrer, à se fondre dans l'embrasement final de l'univers », disait Alexandre Scriabine de son poème pour piano « Vers la flamme »… Avec pareille thématique, le Festival ne pouvait manquer de consacrer une soirée à ce compositeur extrêmement original et bien trop rarement programmé. C’est le pianiste Andrei Korobeinikov (Russie) qui rendra tout leur fougueux mysticisme à ces Messes blanches et noires (7e et 9e sonates), œuvres de grande intensité qui dialogueront avec l’extraordinaire Gaspard de la nuit de Maurice Ravel, sous les doigts enchanteurs de Cédric Tiberghien (France). Enfin, une soirée avec le Keller Quartett (Hongrie) viendra conclure en beauté le Festival. Entre le radieux « Lever de soleil » de Haydn et le poignant 15e Quatuor de Chostakovitch, le public aura le privilège d’entendre les sublimes « Métamorphoses nocturnes » de György Ligeti. Une soirée qui suivra en quelque sorte la course du soleil.
Mais la 7e édition de CULLY CLASSIQUE, c’est encore bien des artistes à découvrir, ainsi que de nombreuses conférences et rencontres, pour essayer de cerner au plus près la thématique du Festival. Ce sont aussi les master classes « VIS-A-VIS » données conjointement par Gérard Wyss et William Blank, qui travailleront plusieurs jours avec des étudiants de classes professionnelles des Conservatoires de Paris et de Genève. C’est également un spectacle musical spécialement conçu pour les plus petits et leurs familles. C’est encore un nocturne autour de l’accordéon, avec Myriam Lafargue (France) qui jouera notamment les Apparitions de Philippe Hersant, nommé aux Victoires de la Musique en 2010 pour la troisième année consécutive. C’est enfin, pour la première fois, hommage à l’invention des Frères Lumières oblige, une soirée « cinéma muet », avec accompagnement musical en direct.
Bon Festival !